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Méandres von Moyez, Ansley Roland (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 07.03.2017
  • Verlag: Books on Demand
eBook (ePUB)
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Méandres

Grand Paris 2125 De gigantesques tours s'imposent désormais sur une grande partie du territoire. Ici l'utile et l'agréable de la société s'organisent. Monde d'égoïsme, d'excentricités diverses et variées, mais régit par des codes sévères. Se produit alors une série de crimes qui touche un secteur important de la capitale. Petits cadres et subalternes sont les premières victimes. Une enquête est menée. Les dirigeants seraient-ils menacés ? Par qui ?... Les rebelles ? Cela fait bien longtemps qu'ils ont été matés ! Les exclus ?... Quoi ? Ces chiens galeux ! Méprisables ! Qui font peur à toute la population ? Non. Ces affamés sont franchement incapables de s'organiser... Ansley Roland MOYEZ, d'abord cinéaste marginal, scénariste, producteur indépendant, a déjà écrit un triptyque imposant dont le premier volet se nomme "subtile vermine" la suite des immersions 2 et 3 paraîtra en cours d'année 2017.

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: watermark
    Seitenzahl: 272
    Erscheinungsdatum: 07.03.2017
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9782322159697
    Verlag: Books on Demand
    Größe: 963 kBytes
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Méandres

U n soir.

Route de banlieue déserte bordée d'arbres abattus, quelques troncs écorchés à vif, le bois déchiqueté ayant amorcé par le truchement d'excrétions suintantes ; lutte impossible contre la pollution du moment ; un inexorable pourrissement.

À proximité, quelques arbres épars encore sur pied évoquent l'ancienne forêt de Meudon aujourd'hui en décrépitude.

Une silhouette féminine, une allure classique et bon genre, elle attend patiemment sur le bas-côté de la route, assise sur une valise de marque, d'un cuir chic, rare, robuste, pâli et usé ; valise renforcée par de solides lanières de cuir épais et surpiqués.

Figée, stylée, notre silhouette ; dans un ensemble à la mode XVIIIe, robe et cape en taffetas de soie brodé couleur lilas, gants en soie sauvage blanc surmontés de dentelles cousues main ; se dégage sur ce fond de nuit tombante recomposant ainsi la représentation magique d'un temps passé pour le temps présent.

Elle scrute l'horizon, semble attendre quelque chose, quelqu'un.

Le silence quasi morbide dans cette zone dévastée de ce prétentieux Grand Paris est souligné par de rares sifflements étouffés des turbines électriques, de rares véhicules avec leurs phares au xénon trahissant par leur tranchante luminosité fluo bleuâtre une nouvelle nuit mordorée de pollution définitive.

Les autos passent rapidement, imperturbablement...

Nul conducteur, nul passager ne pourrait donc imaginer cette magnifique sculpture vivante, surréaliste, posée là.

Elle se redresse un peu, les regarde passer.

Le visage de cette femme, bien qu'encombré par un reniflard à la mode, une tuyauterie agrémentée de ciselures dorées accrochée aux narines par quelques chaînettes plaquées or, est expressivement grimé d'une excessive poudre blanche qui couvre toute la peau ; des lèvres peintes en rouges ; des yeux largement soulignés de noir ; et, bien entendu, la petite mouchette de circonstance plaquée sur le coin de la joue droite.

Cette femme prend des attitudes qui trahissent. En effet, rapidement, on imagine, on comprend vite par quelques détails du visage ou manières accentuées, qu'en évidence, c'est un travesti.

Les prunelles de ses yeux bleu sombre se durcissent. Les traits soulignés de son visage accusent alors une géométrie plus mordante. Ce travesti semble percevoir ce qu'il attendait.

Au loin, l'éclairage de phares particulièrement différents des autres véhicules découpe la nuit.

Derrière cet éclat lumineux une masse sombre dotée par la magnifique sonorité d'un huit cylindre en V comme il n'en existe plus depuis au moins des dizaines d'années ; moteur atmosphérique double arbre à came en tête, ronflement souligné par le léger cliquetis des poussoirs hydrauliques... Un concentré purifiant qui vient flatter notre ouïe complexée par cette putain de définition écologique certifiée qu'évoque le sifflement vulgaire strident pseudo sidéral des véhicules modernes à pulsion électromagnétique.

Magnifique provocation que cette mécanique parfaitement huilée...

uvre d'art au sens propre du terme...

Voilà notre travesti qui sursaute, se redresse et fait du stop.

L'automobiliste, seul, dans sa rutilante Jaguar XKR Supercharged de collection années 1990 aux éclats vert d'eau, s'arrête. Il se penche et lève sa vitre.

- Bonsoir !... Noble dame... Vous allez loin comme ça ? La salue en retirant honorablement son chapeau melon.

C'est un bon joufflu, à la face rosie. Strict dans son costume, le fameux style Anglais des années 1950 remis au goût du jour et imposé par le holding des assurances à tous ses hauts cadres. Cet homme en impose. Cet homme n'est pas n'importe qui !

- Je vais tout droit... Là où vous désirerez m'emmener !... Répond le travesti, avec sa voix écorchée, qui reste particulièrement provocante puisqu'elle

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