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La cité de la peur von Beasley, Andrew (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 22.01.2016
  • Verlag: Editions AdA
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La cité de la peur

C'est le printemps de 1892, et Londres est gouverné par la peur. Les brutes de la légion ont capturé la reine et emmuré la ville, ayant ainsi introduit le règne de la terreur. Seuls les sentinelles, une bande hétéroclite de rebelles dirigée par Ben Kingdom, peuvent les arrêter.Mais un ennemi diabolique manigance en secret pour libérer les mortelles créatures de l'enfer, auxquelles personne ne peut échapper. Alors que Ben se prépare à la bataille fnale, une seule question subsiste : les sentinelles en sortiront-elles victorieuses ou s'agira-t-il du dernier combat de Ben?

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: watermark
    Seitenzahl: 321
    Erscheinungsdatum: 22.01.2016
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9782897670344
    Verlag: Editions AdA
    Größe: 8453kBytes
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La cité de la peur

Prologue

L e mur. Deux mots courts et durs qui en étaient venus à signifier la vie ou la mort pour les gens de Londres. Selon de quel côté dudit mur ils se trouvaient.

Le capitaine Mickelwhite dirigeait sa brigade de la Légion le long des remparts, heureux de sentir son épée frapper contre sa jambe. Au-dessus de leurs têtes, des nuages d'orages se formaient, et les corbeaux croassaient en luttant contre le vent. Les premières gouttes de pluie atteignirent Mickelwhite comme des pierres, froides et lourdes ; mais il ne s'en souciait pas. Il sentait que rien ne pourrait l'arrêter.

La Légion avait construit le mur en six semaines seulement.

Six semaines de dur labeur. Et de sang. Et de guerre dans les rues de la ville.

Mickelwhite sourit, éclair rouge sur le blanc fantomatique de sa peau ; jamais de toute sa vie il n'avait eu autant de plaisir.

Bien peu de Londoniens avaient su ce qui allait leur tomber dessus. Ils avaient été trop occupés ou trop stupides pour voir les signes qu'une guerre se fomentait autour d'eux depuis des siècles ; une guerre secrète et silencieuse. Dans un camp se trouvaient Ben Kingdom et les Sentinelles, espions et guerriers vivant sur les toits ; et dans l'autre, il y avait ceux de la Légion, tapis dans leur labyrinthe de tunnels sous la ville. C'était le combat le plus ancien de la Terre, le combat éternel entre la lumière et la noirceur. Et c'était la noirceur qui était en train de l'emporter.

Dans très peu de temps, les Sentinelles n'existeraient plus.

- Faites vite, les gars, dit Mickelwhite à sa troupe d'enfants-soldats. Vous savez qu'il ne faut pas faire attendre M. Sweet.

La brigade existait depuis fort longtemps : ses membres avaient tout d'abord partagé une sordide caserne dans les Tréfonds, le repaire souterrain de la Légion, puis ils avaient dirigé les équipes de travail qui avaient construit le mur.

Ils étaient tous jeunes, Mickelwhite aussi, mais ils avaient grandi avant le temps. Il y avait John Bedlam, un jeune homme court et costaud, né et élevé à Devil's Acre. Se battre lui était tout aussi naturel que respirer. Outre Bedlam, il y avait Jimmy Dips, un voleur à la tire au visage de rat ; puis venait Hans Schulman, un jeune Allemand aux poings de la taille de jarrets de porc, mais un peu maladroit. Et enfin, boitant derrière les autres, Munro le bossu, qui traînait Buster, son bulldog galeux à trois pattes.

- Regardez, déclara Mickelwhite en contemplant la ville déchirée et mise à sac sous eux.

Le mur l'entourait, aussi inéluctable que le noeud coulant du bourreau, marquant les limites de la loi de la Légion, le territoire que M. Sweet s'était approprié.

- C'est nous qui avons fait ça.

- Ça te rend fier, n'est-ce pas ? affirma Bedlam.

Le mur était loin d'être une oeuvre d'art. Des habitations avaient été démolies pour en fournir les pierres. Des rues entières avaient été sacrifiées pour cette grande cause. Certains édifices avaient été incorporés au mur, leurs fenêtres briquetées et désormais aveugles au reste du monde, les pièces remplies de gravats, les toits renforcés de fil de fer barbelé. Des feuilles de métal déchirées, des clôtures arrachées aux jardins, du verre brisé, des pieux de bois aux pointes acérées couronnaient le mur comme un collier de mort. Tout ce qui pouvait servir à repousser une attaque avait trouvé place dans la monstrueuse structure.

S'élevant à l'ouest dans Hammersmith, le mur se prolongeait aussi loin que Lime House Cut à l'est. Il serpentait le long de la rive nord de la Tamise, où tous les ponts étaient éventrés, transformant le fleuve en douve. Seul Tower Bridge avait été épargné, son pont-levis relevé comme pour narguer les habitants. Au nord, la loi de la Légion s'arrêtait à Balls Pond Road. Au-delà, à l'extérieur du mur, Londres avait été rasée sur une distance d'une trentaine de mètres

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