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Dans la tourmente afghane von Mallet-Parent, Jocelyne (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 20.02.2012
  • Verlag: Editions David
eBook (ePUB)
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Dans la tourmente afghane

Survivant de l'enfer afghan, le journaliste Jonathan Dupuis rentre chez lui dévasté. Au terme d'une enquête intensive et d'un travail sur lui-même, il parvient à reconstituer les pans manquants de son histoire. On dit que le véritable dépassement de soi passe par les défaites. Que sans l'adversité, l'humain ne serait rien. Jonathan Dupuis l'apprend à ses dépens. De retour d'une mission journalistique à Kandahar qui a mal tourné, l'homme qui revient chez lui n'est plus que l'ombre de lui-même. Il hésite sur ce qu'il va dévoiler à la presse et à ses proches. Qu'a-t-il vraiment vécu là-bas? Sa mémoire vacillante, criblée de trous noirs, ramène inlassablement à son esprit un souvenir salvateur : les yeux de la douce Rachida sous sa burka. En proie à un trouble profond, attisé par les manigances d'un père dominateur, il va tenter par tous les moyens de reconstituer les pans manquants de son histoire.

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: watermark
    Seitenzahl: 214
    Erscheinungsdatum: 20.02.2012
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9782895972266
    Verlag: Editions David
    Größe: 727kBytes
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Dans la tourmente afghane

Mistral

Vent du nord,

soufflant violemment

Deux yeux noirs cernés de khôl... Deux yeux verts comme le jade.

Les premiers, ronds comme des billes... Les autres, ovales comme des amandes!

Je te le dis, Maryse, ce sont des yeux qui m'ont sauvé, qui m'ont fait émerger de la profonde léthargie dans laquelle le coma m'avait plongé. Quatre yeux qui ont veillé sur moi, qui m'ont ramené à la vie.

- Quels yeux? De quoi parles-tu, Jonathan?

- Deux paires d'yeux qui me scrutaient de l'aube au crépuscule. Quatre yeux comme autant de sentinelles qui n'avaient de cesse de me tenir en alerte. Les yeux noirs sortaient de la pièce, les yeux verts prenaient aussitôt la relève à travers l'ouverture qui laissait pénétrer la lumière. Les yeux verts s'échappaient par le trou creusé dans le mur, les yeux noirs réapparaissaient comme par enchantement.

- Tu délirais, Jonathan? La forte fièvre te faisait voir des yeux partout?

- Ces yeux existaient réellement! Ils me pourchassaient sans répit, m'empêchant de sombrer dans la mort. Je les ai vus jour et nuit, pendant des semaines. Ils n'ont jamais lâché prise, n'ont quitté leur poste d'observation sous aucun prétexte. Ils m'ont sauvé, je te le dis.

- C'était un rêve, Jonathan?

- C'était la vie. Les yeux sont la vie. Ils sont l'esprit. L'intelligence. Ils sont le miroir de l'âme, comme on dit. Ces yeux veillaient sur ma vie pour qu'elle ne s'échappe pas.

- Tu veux un café, Jonathan, s'impatienta Maryse?

- Ce que je te raconte ne t'intéresse pas?

- Là n'est pas la question, Jonathan. Tu parles en parabole. Je ne comprends pas. J'ai l'impression que tu dis n'importe quoi... pour contourner quelque chose. Pour éviter de dire les vraies choses. De quoi as-tu peur? De ma réaction?

- Je t'en prie Maryse, ne va pas inventer des problèmes là où il n'y en a pas.

- Inventer des problèmes, tu dis? Alors, explique-moi pourquoi toi, tu les tais, les histoires à problèmes?

- Je sens que...

- Tu sens! Tu sens! Veux-tu savoir ce que, moi, je sens? C'est très simple. Je sens que Jonathan Dupuis n'est pas encore revenu d'Afghanistan! Et moi, j'ai bien hâte de retrouver mon chum! On dirait que c'est un autre homme qui m'est revenu. Tu ne parles presque pas, sauf pour divaguer dans un jargon que je ne comprends pas. Tu évoques des yeux, renifles l'odeur du thé, t'extasies sur le goût des oranges sucrées... sans jamais me dire exactement de quoi il retourne. Ce n'est pas toi, ça! Tu ne me parles jamais de la véritable expérience que tu as vécue en Afghanistan. Et puis..., toi qui me faisais si bien l'amour, on dirait que tu n'es plus que l'ombre de toi-même. C'est à croire que tu as perdu le goût de ma peau, que l'odeur de mon corps ne te dit plus rien. Tu te limites à me serrer très fort dans tes bras jusqu'à m'étouffer; tu me répètes sans cesse que tu m'aimes plus que tout au monde... Par contre, pas une seule fois depuis ton retour, nous avons fait l'amour.

- Je sais bien, Maryse. Crois-moi, j'en suis désolé. Ce doit être la fatigue...

- La fatigue? Je veux bien comprendre que tu étais physiquement épuisé lors de ton arrivée. Mais ça fait plus de trois semaines que tu es revenu, Jonathan. Et sur ces trois semaines, tu as dormi les trois quarts du temps! Tu dois être bien reposé maintenant?

Lorsque Maryse tentait de le questionner plus à fond, Jonathan s'esquivait. Il entrait en lui-même comme un escargot dans sa coquille. Il avait beau prétendre, bec et ongles, ne pas avoir été dérangé outre mesure par son aventure en Afghanistan, Maryse savait que le mal était plus profond, plus ancré et plus pernicieux que Jonathan essayait de l'en convaincre.

Jonathan n'était simplement plus Jonathan.

Quelque chose s'était brisé en lui. La mécanique s'était rompue. Il y av

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