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El Duende Ou l'impossible à dire von Baudour, Anne (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 29.02.2016
  • Verlag: Marcel Broquet La nouvelle édition
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El Duende

Jose Ribera, torero le plus célèbre de sa génération vient de perdre la vie dans un étrange accident de voiture. Son physique ténébreux et son impavidité face aux cornes des toros fascinaient les foules. La passagère, Amaranta Ribera, épouse du torero est plongée dans le coma. Cette femme éblouissante et provocante est en fait la petite fille de Pedro Sepulvera, le plus grand éleveur de toros bravos d'Andalousie. Edouardo Romero, persuadé de découvrir les dessous de cet inexplicable accident, mène l'enquête avec une intransigeance implacable. Ce policier suspicieux est le petit-fils de Rosa Exposito, une jeteuse de sort qui voue une haine viscérale à tous les membres de la famille Sepulveda. Cette enquête conduira le policier au coeur des mystères de l'Andalousie. Le fil conducteur du roman, El Duende, cet impossible à dire, sorti tout droit de l'esprit occulte de l'Espagne endolorie, entraîne le lecteur, de rebondissements en rebondissements. Entre tauromachie, flamenco, vengeance et amour fou, il lui fait respirer à pleins poumons l'odeur de cette terre ocre, pleine de charbons et de pierres qui fleurent l'herbe broyée et la salive de l'enfant.

Anne Baudour est née en Belgique. Titulaire d'une maîtrise en droit des affaires. Après quelques années, elle quitte son poste de juriste d'entreprise pour devenir cavalière professionnelle. Sa passion pour les chevaux andalous l'emmène en Espagne qui lui a inspiré son premier roman.

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: watermark
    Seitenzahl: 161
    Erscheinungsdatum: 29.02.2016
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9782897262440
    Verlag: Marcel Broquet La nouvelle édition
    Größe: 2798kBytes
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El Duende

L 'accident paraissait des plus ordinaires. La voiture, une Porsche 911 gris métallisé, avait percuté un arbre et terminé sa course dans le fond de la vallée, cent mètres plus bas. Les deux passagers avaient été éjectés; l'homme était mort sur le coup, la femme avait été emmenée inconsciente à l'hôpital. Le drame avait eu lieu, sans témoins, par une belle nuit de juillet. L'air était encore tiède et la lune brillait.

Le policier qui rédigeait le procès-verbal avait gardé, malgré ses trente-cinq ans, l'air d'un adolescent, avec ses cheveux brillants couleur jais, son visage au profil grec, sa peau mate presque glabre où seul un duvet naissant ombrait la lèvre supérieure. Bizarrement, il n'était pas beau et dégageait une impression de suffisance empruntée qu'intensifiait la fierté avec laquelle il portait l'uniforme. Alors qu'il examinait avec minutie la carcasse de la voiture, il s'imagina les sensations que pouvait procurer la conduite d'un tel bolide et regretta de n'être pas plus riche. Il consigna les noms des victimes, la plaque minéralogique et le fait étrange de l'absence totale de traces de freinage du véhicule.

En regagnant Castellar de la Frontera par la petite route qui serpentait à travers la plus grande forêt de chênes-lièges d'Espagne, Edouardo Romero réfléchissait aux circonstances de l'accident. Ses antennes de bombyx auguraient que la malchance n'était pas l'unique instigatrice de cette tragédie. Le mort, Jose Ribera, était le toréro le plus célèbre de sa génération. Sa silhouette impénétrable et sa témérité devant les cornes des toros fascinaient les foules. Demain matin, l'accident fera la une de tous les journaux et l'Espagne entière pleurera son idole , pensa le policier. Edouardo Romero n'était pas un aficionado et considérait la corrida comme une funeste coutume. Depuis la mort de son oncle, jeune toréro de dix-neuf ans, piétiné par un toro lors de son alternative, sa famille tout entière abominait la corrida et tout ce qui s'y rapportait. Il n'était qu'un enfant, à l'époque, mais se souvenait très bien de cet après-midi : les arènes combles, la chaleur écrasante. Il revoyait son oncle, le corps vissé sur le sable, droit comme un I pour recevoir les charges du monstre. Il est coutume que les habits de lumière d'alternative soient blancs, la couleur du mariage, et Edouardo Romero avait gardé intacte la vision du contraste des taches écarlates qui s'étendaient sur le tissu nivéen, alors que le toro s'acharnait sur son oncle, ne lui laissant pas la moindre chance. Il entendait encore les hurlements hystériques de sa grand-mère quand on évacuait le corps désarticulé du jeune toréro. En cachette des siens, Edouardo Romero s'était quelquefois risqué jusqu'aux arènes, mais il n'avait jamais été sur la même longueur d'onde que cette assistance anxieuse, dans l'attente que le pire se produise. Il ne comprenait pas ces hommes assez fous pour se dresser devant un toro et pour, par lui, affronter chaque fois leur peur.

Le policier n'avait pas connu son père. Il avait passé son enfance dans les jupes de sa mère et de sa grand-mère. Ces deux veuves cendrées, voilées de tristesse, avaient commencé à vieillir avant l'âge et personne n'aurait pu imaginer qu'elles avaient été belles. Elles paraissaient à ce point semblables qu'il était impossible de les différencier l'une de l'autre. Le policier avait été un petit garçon si timide et si pleurnichard que sa grand-mère lui disait souvent qu'elle l'entendait déjà pleurer dans le ventre de sa mère. À l'école, il devint rapidement le souffre-douleur des autres enfants se moquant sans vergogne du poltron qu'il était. Il prit l'habitude de se réfugier auprès de sa grand-mère. Il passait de longs moments avec elle; sa présence l'apaisait. Quand elle perdit la tête, à la mort d

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