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Jeanne von Sand, George (eBook)

  • Verlag: Books on Demand
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Jeanne

Jeanne est le roman d'une jeune bergère de La Marche, native de Toull, antique cité gauloise, puis romaine, qui est engagée comme servante à la petite ville voisine de Boussac. Trois hommes la désirent : Marsillat, un avocat en quête de bonnes fortunes paysannes, Guillaume de Boussac, un jeune aristocrate mélancolico-rêveur, sir Arthur, un riche Anglais au coeur noble. Ce dernier ne souhaite qu'une chose, épouser la jeune fille, mais elle se refuse obstinément au mariage au nom d'un voeu qu'elle a fait autrefois. George Sand, pseudonyme d'Amantine Aurore Lucile Dupin, baronne Dudevant, est une romancière, dramaturge, épistolière, critique littéraire et journaliste française, née à Paris le 1er juillet 1804 et morte au château de Nohant-Vic le 8 juin 1876. Elle compte parmi les écrivains les plus prolifiques, avec plus de 70 romans à son actif et 50 volumes d'oeuvres diverses dont des nouvelles, des contes, des pièces de théâtre et des textes politiques. À l'image de son arrière-grand-mère, qu'elle admire, Madame Dupin (Louise de Fontaine 1706-1799), George Sand prend la défense des femmes, prône la passion, fustige le mariage et lutte contre les préjugés d'une société conservatrice. George Sand a fait scandale par sa vie amoureuse agitée, par sa tenue vestimentaire masculine, dont elle a lancé la mode, par son pseudonyme masculin, qu'elle adopte dès 18294, et dont elle lance aussi la mode : après elle, Marie d'Agoult signe ses écrits Daniel Stern (1841-1845), Delphine de Girardin prend le pseudonyme de Charles de Launay en 1843.

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: watermark
    Seitenzahl: 415
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9782322108220
    Verlag: Books on Demand
    Größe: 772 kBytes
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Jeanne

Prologue

Dans les montagnes de la Creuse, en tirant vers le Bourbonnais et le pays de Combraille, au milieu du site le plus pauvre, le plus triste, le plus désert qui soit en France, le plus inconnu aux industriels et aux artistes, vous voudrez bien remarquer, si vous y passez jamais, une colline haute et nue, couronnée de quelques roches qui ne frapperaient guère votre attention, sans l'avertissement que je vais vous donner. Gravissez cette colline ; votre cheval vous portera, sans grand effort, jusqu'à son sommet ; et là, vous examinerez ces roches disposées dans un certain ordre mystérieux, et assises, par masses énormes, sur de moindres pierres où elles se tiennent depuis une trentaine de siècles dans un équilibre inaltérable. Une seule s'est laissée choir sous les coups des premières populations chrétiennes, ou sous l'effort du vent d'hiver qui gronde avec persistance autour de ces collines dépouillées de leurs antiques forêts. Les chênes prophétiques ont à jamais disparu de cette contrée, et les druidesses n'y trouveraient plus un rameau de gui sacré pour parer l'autel d'Hésus.

Ces blocs posés comme des champignons gigantesques sur leur étroite base, ce sont les menhirs, les dolmens, les cromlechs des anciens Gaulois, vestiges de temples cyclopéens d'où le culte de la force semblait bannir par principe le culte du beau ; tables monstrueuses où les dieux barbares venaient se rassasier de chair humaine, et s'enivrer du sang des victimes ; autels effroyables où l'on égorgeait les prisonniers et les esclaves, pour apaiser de farouches divinités. Des cuvettes et des cannelures creusées dans les angles de ces blocs, semblent révéler leur abominable usage, et avoir servi à faire couler le sang. Il y a un groupe plus formidable que les autres, qui enferme une étroite enceinte. C'était peut-être là le sanctuaire de l'oracle, la demeure mystérieuse du prêtre. Aujourd'hui ce n'est, au premier coup d'oeil, qu'un jeu de la nature, un de ces refuges que la rencontre de quelques roches offre au voyageur ou au pâtre. De longues herbes ont recouvert la trace des antiques bûchers, les jolies fleurs sauvages des terrains de bruyères enveloppent le socle des funestes autels, et, à peu de distance, une petite fontaine froide comme la glace et d'un goût saumâtre, comme la plupart de celle du pays Marchois, se cache sous des buissons rongés par la dent des boucs. Ce lieu sinistre, sans grandeur, sans beauté, mais rempli d'un sentiment d'abandon et de désolation, on l'appelle les Pierres Jomâtres .

Vers les derniers jours d'août 1816, trois jeunes gens de bonne mine chassaient au chien couchant, au pied de la montagne aux pierres , comme on dit dans le pays.

- Amis, dit le plus jeune, je meurs de soif, et je sais par ici une fontaine vers laquelle mon chien court déjà, comme à bonne connaissance. Si vous voulez me suivre, sir Arthur sera peut-être bien aise de voir de près ces pierres druidiques, bien qu'il en ait vu sans doute de plus curieuses en Écosse et en Irlande.

- Je verrai toujours, répondit sir Arthur, avec un accent britannique bien marqué ; et il se mit à gravir la colline par son côté le plus roide, pour marcher en ligne droite aux pierres jomâtres.

- Quant à moi, dit le troisième chasseur, qui avait l'air moins distingué que les deux autres, quoique sa physionomie eût plus d'expression et son oeil plus de vivacité, je n'espère pas trouver ici de gibier, c'est un endroit maudit ; mais je vais à la recherche de quelque chèvre, pour la soulager de son lait.

- Vous ne devez pas ! dit l'Anglais, dont le parler était toujours obscur à force de laconisme.

- Prenez garde, Marsillat, cria le premier interlocuteur, le jeune Guillaume de Boussac, qui se dirigeait vers la fontaine ; vous savez bien que sir Arthur est le grand redresseur de nos torts, et qu'il ne voit pas d'un bon oeil vos a

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