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La Barriere von Bazin, René (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 29.06.2015
  • Verlag: Booklassic
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La Barriere

Le roman présente a la fois le cheminement d'un jeune aristocrate anglais qui se convertit au catholicisme et le rôle de la foi dans la formation d'un couple. Il s'agit donc des barrieres dressées par la foi, entre le croyant et son milieu ou son (futur) conjoint.

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: none
    Seitenzahl: 102
    Erscheinungsdatum: 29.06.2015
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9789635253722
    Verlag: Booklassic
    Größe: 457kBytes
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La Barriere

DEUXIÈME PARTIE



- Vous préviendrez madame, dès qu'elle sera rentrée, que je l'attends ici, dans mon cabinet de travail.

- Bien, monsieur.

- Je n'y suis pour personne.

M. Victor Limerel avait, en ce moment, sa physionomie normale d'homme d'affaires, laquelle différait sensiblement du masque de l'homme du monde. Sa formidable mâchoire de bouledogue portait en avant la lèvre inférieure et les incisives d'en bas, qu'on voyait, quand il parlait, solides, et blanches ; elle creusait, en se déplaçant, deux dépressions à la naissance des tempes qui étaient dégarnies ; elle constituait le trait maître de ce visage, auquel elle donnait une expression de force, d'insolence et d'opiniâtreté. Dans le monde, elle rentrait un peu ; M. Victor Limerel surveillait cette terrible charpente mobile. Les yeux s'harmonisaient avec elle ; ils étaient légèrement sortis de l'orbite, vifs, sombres, dominés par l'arc très épais des sourcils, qui se rencontraient à la naissance du nez, s'y heurtaient, et se redressaient en épi. Cet homme de cinquante ans passés, s'il avait des cheveux de moins, n'avait pas un poil blanc. Sa moustache, tombant au coin des lèvres, courte et fournie, était d'un noir nuancé de jaune par le cigare. Il avait peu de cou, les épaules larges, puis le buste s'amincissait, et les jambes, nerveuses, portaient allègrement ce corps mal fait. Le Tout Paris de l'industrie et de la finance connaissait la " Société française des filatures de laine ", qui avait deux usines principales, à Lille et à Mazamet ; on la savait prospère ; on rendait justice aux rares qualités de son fondateur et président. Grand travailleur, M. Victor Limerel l'était à sa manière, qui est celle des créateurs de tout ordre : il voyait une affaire en un instant, comme s'il avait pu en faire le tour ; il jugeait de même les hommes, donnait des ordres précis, ne se reprenait jamais ; il possédait un pouvoir de combiner, de prévoir, de se souvenir, qui eût fatigué une demi-douzaine de têtes ordinaires. La sienne résistait. Elle demeurait parfaitement libre et aisée. Sorti de ses bureaux et de ses salles de conseil, dans les salons, dans la rue, au théâtre, il semblait avoir oublié, il oubliait les affaires, et défendait qu'il en fût question devant lui, mais, du même coup, il devenait banal. Il parlait bien, jamais de source. Sa conversation était faite de coupures de journaux et de réminiscences de dialogues entendus. Si on le contredisait, il affirmait plus nettement, pourvu qu'il vît quelque intérêt à soutenir son opinion. Et alors, il avait beau sourire, simuler l'empressement, l'ardente curiosité des arguments de l'adversaire, plusieurs signes, sa mâchoire avancée, ses doigts qui remuaient nerveusement, ses sourcils rapprochés, le son de sa voix, le battement et le relief des veines de ses tempes, disaient l'âpre volonté de l'homme, l'orgueil d'un succès constant, l'expérience de l'immense faiblesse des caractères. Mais, s'il avait des avis cassants, ce n'était que sur un petit nombre de sujets, et lorsque sa personne, ses goûts, sa famille, paraissaient être en jeu. Sur beaucoup d'autres questions, et des plus graves, ou des plus hautes, on était surpris de le voir, au contraire, abandonner son avis à la première objection, adopter le sentiment opposé, et s'en faire un mérite, car il appelait cela sa large tolérance. Quelques-unes de ses relations, dans le monde politique, s'expliquaient et duraient grâce à cette facilité de compromission. On le sentait indifférent à l'essentiel, ombrageux et jaloux seulement dans les questions personnelles. Beaucoup d'esprits dominateurs sont ainsi, tyrans partiels, et, pour le reste, d'une faiblesse qui est due à l'absence de passion. M. Victor Limerel avait toujours refusé de se présenter à la députation. Il passait pour conservateur, on ne sait pourquoi, mais ceux

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