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La Loi de Lynch von Aimard, Gustave (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 22.06.2015
  • Verlag: Booklassic
eBook (ePUB)
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La Loi de Lynch

Nous retrouvons les personnages des "Pirates des Prairies", épisode qui précède le présent roman. Le père Séraphin, rencontre la mère de Valentin en France et lui propose de l'accompagner pour aller retrouver son fils en Amérique. Pendant ce temps le Blood's Son retrouve la Gazelle blanche et apprend que celle-ci est sa nièce. Ils décident de se lancer à la poursuite du Squatter ensemble. De son coté Valentin Guillois, avec l'aide des guerriers et de leur chef Unicorne, se lance également à la poursuite du Squatter. De nouvelles aventures pleines de rebondissements, vous attendent...

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: none
    Seitenzahl: 193
    Erscheinungsdatum: 22.06.2015
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9789635247547
    Verlag: Booklassic
    Größe: 635kBytes
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La Loi de Lynch

Chapitre 2 Dans la hutte.

Après le départ de don Pablo, la jeune fille demeura longtemps pensive, ne prêtant aucune attention aux bruits lugubres de l'orage qui faisait fureur, et aux rauques sifflements du vent dont chaque rafale ébranlait le misérable jacal et menaçait de l'enlever.

Ellen réfléchissait à sa conversation avec le Mexicain ; l'avenir lui apparaissait triste, sombre et chargé de douleurs.

Malgré tout ce que lui avait dit le jeune homme, l'espoir n'avait pas pénétré dans son coeur, elle se sentait entraînée malgré elle sur la pente d'un précipice où elle prévoyait qu'il lui faudrait rouler ; tout lui disait qu'une catastrophe était imminente et que bientôt la main de Dieu s'appesantirait terrible et implacable sur l'homme dont les crimes avaient lassé sa justice.

Vers le milieu de la nuit, un bruit de pas de chevaux se fit entendre, se rapprocha peu à peu, et plusieurs personnes s'arrêtèrent devant le jacal.

Ellen alluma une torche de bois-chandelle et ouvrit la porte.

Trois hommes entrèrent.

C'étaient le Cèdre-Rouge et ses deux fils Nathan et Sutter.

Depuis un mois environ, un changement inexplicable s'était opéré dans la façon d'agir et de parler du squatter.

Cet homme brutal, dont les lèvres minces étaient constamment crispées par un rire ironique, qui n'avait dans la bouche que des paroles railleuses et cruelles, qui ne rêvait que meurtre et pillage et auquel le remords était inconnu, cet homme était depuis quelque temps devenu triste, morose ; une inquiétude secrète semblait le dévorer ; parfois lorsqu'il ne se croyait pas observé, il jetait sur la jeune fille de longs regards d'une expression inexplicable, et poussait de profonds soupirs en hochant mélancoliquement la tête.

Ellen s'était aperçue de ce changement, qu'elle ne savait à quoi attribuer, et qui augmentait encore ses inquiétudes ; car, pour qu'une nature aussi énergique et aussi fortement trempée que celle du Cèdre-Rouge fut aussi gravement altérée, il fallait des raisons bien sérieuses.

Mais quelles étaient ces raisons ? voilà ce que cherchait vainement Ellen, sans que rien vînt jeter une étincelle lumineuse dans son esprit et donner un corps à ses soupçons.

Le squatter, autant que son éducation sauvage le lui permettait, avait toujours été comparativement bon pour elle, la traitant avec une espèce d'affection bourrue, et adoucissant autant que cela lui était possible le timbre rude de sa voix lorsqu'il lui adressait la parole.

Mais depuis le changement qui s'était opéré en lui, cette affection s'était changée en une véritable tendresse.

Il veillait avec sollicitude sur la jeune fille, cherchant continuellement à l'entourer de ce confortable et de ces mille riens qui plaisent tant aux femmes, qu'il est presque impossible de se procurer au désert, et dont pour cela le prix est double pour elles.

Heureux lorsqu'il voyait un léger sourire se jouer sur les lèvres de la pauvre enfant, dont il devinait les souffrances sans en connaître les causes secrètes, il l'examinait avec inquiétude lorsque son teint pâle et ses yeux rougis lui dénonçaient des insomnies et des larmes versées pendant son absence.

Cet homme, chez lequel tout sentiment tendre paraissait être mort, avait senti tout à coup battre son coeur sous la vibration d'une fibre secrète dont il avait toujours ignoré l'existence, il s'était malgré lui trouvé rattaché à l'humanité par la plus sainte des passions, l'amour paternel !

C'était quelque chose de grand et de terrible à la fois que l'affection de cet homme de sang pour cette frêle et délicate jeune fille.

Il y avait de la bête fauve jusque dans les caresses qu'il lui prodiguait : un composé étrange de la tendresse de la mère et de la jalousie du tigre.

Le Cèdre-Rouge ne vivait plus que pour sa fille

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