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La Sorcière de Dentervals von Giger, Hubert (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 01.06.2015
  • Verlag: ditions Plaisir de Lire
eBook (ePUB)
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La Sorcière de Dentervals

Un habitant du village qui meurt accidentellement ou qui tombe malade, le bétail qui dépérit: tout prétexte est bon pour soupçonner quelqu'un de sorcellerie. Les autorités profitent alors de l'occasion pour juger des individus marginaux ou " gênants ", femmes et hommes confondus, et montrer ainsi qu'elles font leur travail. Un geste mal interprété, un comportement étrange, voire une simple allusion à un chat noir, suffisent pour finir entre les mains du tribunal. Sous la torture, la plupart des personnes accusées avouent contre leur gré leur présumée connivence avec le diable... La Sorcière de Dentervals s'inspire des évènements qui se produisirent autour d'un procès pour sorcellerie en 1675 dans les Grisons. Avec un effrayant réalisme, l'auteur nous raconte cette période noire, où le soupçon de sorcellerie était un motif suffisant pour condamner à mort les plus faibles.

Hubert Giger est né en 1958. Il a étudié l'histoire à l'Université de Zurich. En 2001, il écrit un article intitulé Engouement de sorcière et procès de sorcellerie dans la Surselva. Il a travaillé comme rédacteur pour la radio romanche et il vit dans le Medelsertal (Grisons). En 2011, il publie son premier roman La Stria de Dentervals, rapidement traduit en allemand sous le titre de Die Hexe von Dentervals.

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: watermark
    Seitenzahl: 183
    Erscheinungsdatum: 01.06.2015
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9782940486458
    Verlag: ditions Plaisir de Lire
    Größe: 277kBytes
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La Sorcière de Dentervals

II

Le soleil s'est arrêté au milieu du ciel bleu. Une tache jaune crachant du feu sur la vallée. Il fait lourd. Sec. L'air vibre. Les femmes ont glissé leur foulard en arrière, elles épongent la sueur qui coule de leur front dans leurs yeux, elles coupent les épis à la faucille et les amoncellent à mesure qu'elles avancent. Les hommes ont retroussé les manches de leurs chemises, ils prennent des brassées d'épis et les attachent. Puis ils rangent les gerbes dans la benne d'un char. Lorsque le champ est débarrassé, les enfants ramassent encore les épis égarés.

- Quelle chaleur... Pas croyable...

- Qu'est-ce qu'il y a, Tresa, avance ! crie son mari, Vintschegn de Ventschidas. Moi non plus, je ne peux pas profiter du soleil dans les chaumes.

- Qui parle de profiter du soleil. Par ce temps lourd !

- Ce n'est rien. Qui ne supporte pas la chaleur ne supporte pas le froid non plus.

- Tais-toi !

Un cheval tire le char jusqu'à la grange. Pendant que les hommes déchargent les gerbes, Vintschegn grimpe en haut du séchoir portant une corde et une courroie sur ses épaules. Là, il fixe la courroie à une latte, il fait passer la corde dans la poulie qui y est attachée et l'envoie en bas. Les hommes y suspendent une gerbe après l'autre et les lèvent. Vintschegn les range sur les lattes, l'une après l'autre. Ce faisant, il rend régulièrement attentifs ceux d'en bas aux éclats qui peuvent leur tomber dans les yeux. Le travail se poursuit, une gerbe après l'autre, jusqu'à ce que le séchoir en soit recouvert. Le travail vient de se terminer quand ils entendent sonner les cloches de l'église de Sumpalas. Hommes et femmes tirent les chapelets de leurs poches. Ils se mettent à genoux et se signent.

" L'ange du Seigneur annonça à Marie... ".

À la fin, ils récitent encore un Notre Père. Pendant ce temps, le chapelain arrive et bénit la récolte, en aspergeant de l'eau sur les gerbes. Afin que le grain mûrisse dans le séchoir. Avant qu'il ne termine la cérémonie, les gens entendent un cri. Vintschegn gît au sol, gémissant et se tenant les côtes. Il a une marque bleue sur le front. Le sang coule sur ses joues. Personne ne sait ce qui s'est passé. Le chapelain s'approche avec une éponge et asperge la plaie d'eau.

- Il est tombé sur une pierre, dit sa femme, Tresa Mariturtè.

Petit à petit, le blessé parvient à expliquer qu'il a glissé sur une latte en descendant du séchoir. Il ne sait vraiment pas comment. Ça s'est passé tellement vite. Il geint et se tient la tête. Il faut le ramener chez lui, dit le chapelain. Ce n'est rien de grave. Vintschegn s'en remettra en peu de temps.



Un peu au-dessous du village, Rest de Caprau a commencé à labourer. Deux génisses tirent la charrue. Le coutre et le soc entaillent la motte et le versoir rabat la terre sur les sillons. Mais c'est un travail difficile. La terre est dure et sèche. Rest doit tenir fermement les mancherons.

Soudain, les deux génisses s'arrêtent. Il lâche la charrue et éponge la sueur.

- Qu'est-ce qu'il y a, Clau, pourquoi ça ne va pas ? demande-t-il contrarié à son fils aîné qui conduit les animaux à la bride.

- Je ne sais pas, papa, elles semblent plantées dans le terrain.

- Essaie de détendre les courroies du joug, ou tu dois peut-être les tendre, je ne sais pas...

Il fait comme son père lui a ordonné. Rien.

- Fais-les avancer, donc. Frappe-les !

Le jeune frappe légèrement avec un bâton. Les génisses ne le remarquent même pas. Encore un coup. Elles regardent devant elles sans bouger.

- Viens ici, prends la charrue. Je veux bien voir si ces deux têtues...

Le père prend le bâton des mains de son fils. Il frappe les bêtes au dos, de plus en plus fort. Rien. Encore un coup aux cuisses. Rien. Finalement, il les frappe violemment aux pattes. Les génisses s'ébrouent et tournent la têt

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