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La Terre qui meurt von Bazin, René (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 29.06.2015
  • Verlag: Booklassic
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La Terre qui meurt

Le plus célebre de ses romans. Sur fond d'abandon de la terre par ses propriétaires aristocratiques, les enfants d'un métayer sont attirés par la ville et meme l'émigration. Ou il se joue deux passions : celle, malheureuse, de l'infirme Mathurin Lumineau, et l'amour combattu et vainqueur de Rousille et Jean Nesmy, qui verra alors le renouveau de la Terre. Puissante évocation de ce qui était alors Terre incognita : le Marais Vendéen.

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: none
    Seitenzahl: 76
    Erscheinungsdatum: 29.06.2015
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9789635259113
    Verlag: Booklassic
    Größe: 442kBytes
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La Terre qui meurt

Chapitre 2 LE VERGER CLOS



Toussaint Lumineau et le valet furent bientôt dans le réduit encombré de barriques vides, de paniers, de pelles et de pioches, qui avait servi de chambre, depuis longtemps, aux domestiques de la Fromentière. Le maître s'assit sur le coin du lit, tout au fond. Son expression n'avait pas changé. C'était la même physionomie, paternelle et digne, où se mêlaient le regret de se séparer d'un bon serviteur, et l'énergique résolution de ne point souffrir une atteinte à son autorité, une injure à son rang. Il s'accouda sur une vieille futaille, encore marquée de coulures de suif, et où le soir Jean Nesmy posait sa chandelle. Sa tête se releva, lentement, dans le jour qui venait par la porte ouverte, et il parla enfin au jeune homme qui avait quitté son chapeau, et demeurait debout dans le milieu de la petite pièce.

- Je t'avais gagé pour quarante pistoles, dit-il. Tu as reçu ton dû à la Saint-Jean. Combien reste-t-il à te payer aujourd'hui ?

Le gars s'absorba, comptant et recomptant avec ses doigts sur la toile de sa blouse. Les veines de son front se tendaient sous l'effort de l'esprit. Il avait le regard fixé sur le sol, et aucune autre idée ne traversait l'opération compliquée de ce rural calculant le prix de son travail.

Pendant ce temps, le métayer se remémorait l'histoire brève de ce Boquin, venu par hasard dans le Marais, pour y chercher de la cendre de bouse, dont les Vendéens se servent comme engrais, embauché au passage et rapidement accoutumé en ce pays nouveau ; les trois années que l'étranger avait vécues sous le toit de la Fromentière, un an avant le service militaire et deux ans depuis, années de rude et vaillant labeur, d'honnête conduite, sans un reproche grave, de résignation étonnante, malgré l'hostilité des fils, qui avait commencé dès le premier jour et n'avait jamais désarmé.

- Ça doit faire quatre-vingt-quinze francs, dit Jean Nesmy.

- C'est aussi mon compte, dit le métayer. Tiens, voilà l'argent. Regarde s'il n'y manque rien.

De la poche de sa veste, où, d'avance, il avait mis la somme qu'il devait, Toussaint Lumineau tira une pile de pièces d'argent, qu'il jeta sur le fond de la barrique.

- Prends, mon gars !

L'autre, sans y toucher, se recula.

- Vous ne voulez plus de moi à la Fromentière ?

- Non, mon gars, tu vas partir.

La voix s'attendrit, et continua :

- Je ne te renvoie pas parce que tu es fainéant. Et même, quoique ça m'ait causé de l'ennui, je ne t'en veux pas d'aimer trop la chasse. Tu m'as bien servi. Seulement, ma fille est à moi, Jean Nesmy, et je ne t'ai pas accordé avec Rousille.

- Si c'est son goût, et si c'est le mien, maître Lumineau ?

- Tu n'es pas de chez nous, mon pauvre gars. Qu'un Boquin se marie avec une fille comme Rousille, ça ne se peut, tu le sais : tu aurais mieux fait d'y penser avant.

Jean Nesmy, pour la première fois, ferma à demi les yeux, et il devint plus pâle, et ses lèvres s'abaissèrent aux coins comme s'il allait pleurer.

Il reprit, d'une voix toute basse :

- J'attendrais tant qu'il vous plairait pour l'avoir. Elle est jeune et moi aussi. Dites seulement le temps, et je dirai oui.

Mais le métayer répondit :

- Non, ça ne se peut. Il faut t'en aller.

Le valet tressaillait de tout le corps. Il hésita un moment, les sourcils froncés, le regard attaché à terre. Puis il se décida à ne pas dire sa pensée : " Je n'y renonce sp

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