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Luck von Helleu, Cécile (eBook)

  • Erscheinungsdatum: 20.12.2016
  • Verlag: Books on Demand
eBook (ePUB)
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Luck

Le récit unique d'une succession de miracles, publié un an pile après que le premier ait eu lieu. Le récit d'une nuit de terreur dans une rue meurtrie d'un Paris qui devra rester magique pour les générations futures. Le récit authentique d'une destruction après une déflagration. Le récit d'une reconstruction, après l'horreur : la réparation. Le récit vrai d'une chance invraisemblable. Le récit de la suite, une réflexion imposée sur le statut compliqué de miraculé. Une succession de miracles nommée Baraka pour les intimes. D'un miracle initial nommé : L'Amarré, Vendredi 13 Novembre 2015, à 21h32. 5 rue de la fontaine au roi, 75011 Paris. "Because we'll luck you too : ensemble, toujours." Déjà auteure de deux romans parus chez Balland et de diverses parutions, Cécile Helleu venait de se lancer dans la restauration avec son mari Nicolas SFintescu ( musicien du groupe Nôze ) lorsque leur restaurant - situé 5 rue de la fontaine au roi Paris 11eme - a malheureusement été le théâtre des évènements tragiques du 13 novembre 2015. Cinq personnes ayant perdu la vie devant leur tout nouvel Amarré cette nuit là. Atteinte depuis d'une maladie cardiaque irréversible, passionnée de mer Cécile Helleu et sa famille vont quitter Paris pour de nouvelles aventures maritimes, culinaires et littéraires.

Produktinformationen

    Format: ePUB
    Kopierschutz: watermark
    Seitenzahl: 200
    Erscheinungsdatum: 20.12.2016
    Sprache: Französisch
    ISBN: 9782322159864
    Verlag: Books on Demand
    Größe: 180kBytes
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Luck

SAMEDI 14 NOVEMBRE 2015

08h30.

Renifler bestialement les enfants qui remontent, comme les animaux mais debout cette fois.

Savoir intuitivement qu'il va nous être impossible de rester enfermés chez nous là-haut.

Notre pigeonnier géant, l'aquarium, est une prison de verre.

Cernée entre la rue Bichat l'hôpital Saint Louis le triangle des Bermudes et le Bataclan.

Ouvrir une fenêtre c'est laisser s'engouffrer l'immondice.

Et son capharnaüm.

Mon frère est arrivé à Paris à 7h00 l'avion s'est posé. Sa voix des grands jours quand Tout va bien même si tout est horrible, tremble quand-même un poil plus que d'habitude.

Il a pris un sale coup dans l'aile mon Monsieur Toutvabien.

J'arrive dit-il, j'appelle un taxi dis-lui que je passe la chercher.

Sa fille est avec la mienne, elles se font des trucs de filles, mangent des céréales, il y a les yeux gonflés et rouges qui débordent un peu mais dans l'ensemble ça tient.

Mon frère est dans son taxi, je lui dis de m'appeler dès qu'il est en bas s'il parvient jusque chez nous, je descendrai accompagner ma nièce et l'embrasser. Il doit être éclaté lui aussi.

Bienvenue au pays.

Je ne sais pas m'asseoir, pas me poser, on est comme des zombies incapables de se fixer, dès que mon frère est enfin là je presse ma nièce qui n'avait pas compris qu'elle partirait si vite.

Elle est presque surprise, avec cette voix calme et douce, elle dit au-revoir à ses cousins, à mon homme. Je la presse parce que je n'assume plus sa

responsabilité.

C'est trop lourd.

Ca a tellement pesé.

Sa maman à Paris mais loin.

Son père dans l'avion.

Qu'elle redevienne ma nièce chérie, s'il était arrivé quoi que ce soit, c'était moi sa mère cette nuit là.

On descend, l'allée-impasse, le taxi n'a pas pu venir de ce côté ci du canal, d'un oeil qui chasse vers la gauche je vois le triangle cadenassé, on traverse.

11h30.

Le taxi s'est arrêté un tout petit peu plus haut devant la Marine, ma nièce dès qu'elle aperçoit son père sortir de la voiture, s'effondre.

Mon frère, sa haute et large stature, ses épaules carrées, son manteau en poil de chameau, il ouvre ses bras en énorme pour l'accueillir avec un grand sourire dont je vois très bien les commissures trembler.

Ca me bousille, me fendille littéralement, mais je dois tenir.

Je ne peux pas craquer, pas maintenant, je dois assurer pour les enfants.

Il me serre très brièvement dans ses bras, moi toute raide, toute maigre déjà...

J'ai l'impression d'être en bois.

Emmène-là vite d'ici je lui dis.

Pour ne pas moi non plus tomber du haut du building comme dans le livre de Don del Lillo.

Ne pas craquer pas maintenant.

Insensibiliser une part de moi pour jouer mon rôle de parent.

Je remonte d'un trait.

L'allée, les escaliers.

A peine arrivée là-haut un texto : on s'en va, on rentre en Bretagne.

Les amoureux d'un week-end que personne n'oubliera jamais.

Y aller pour les sortir de là et récupérer les clefs.

A leur place c'est clair on l'aurait fait, pareil.

Fuir, rentrer.

Redescendre, sans prendre la moindre peine de

souffler.

12h20.

Remonter mon col vert japonais très épais qui me dissimule le visage jusqu'aux yeux, redescendue dans la rue, confrontation à un premier barrage, expliquer aux forces de l'ordre devant le Macdo.

Oui on habite là (derrière).

Oui notre restaurant est là (devant).

Leurs yeux.

Comment même avec la plus balèze des analyses on peut un jour extraire de soi ces regards-là.

Il y a déjà quelques badauds avec des appareils photo pro derrière les cordons de sécurité rayés, des journalistes donc, les gens du quartier on les reconnaît, il n'y en a que trè

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